Il aurait toujours pu être là !


Peut-on nous faire plus plaisir, qu’en nous affirmant que notre préau, notre terrasse, notre charpente, se marie dans une maison « comme s’il avait toujours été là ! »

Ce fût le commentaire délicat de notre client, une fois ce joli préau 4 pans levé au sein de sa maison de maître.
C’est une marque d’observation que ne pas jurer avec un environnement. Chaque maison a son histoire. Chaque jardin son tempo. Chaque architecture son style. C’est donc un art difficile que de se plier à l’hormonie d’une maison.

Mais comment faire pour être intemporel, et construire sur une maison dans le jus de son époque, lorsque les méthodes et les industries ont totalement changé ?

Notre préau a été conçu et taillé avec la même méthode que le choeur et la nef de Notre Dame de Paris pour sa réstauration : avec un procédé « pré-industriel », tout droit sorti la forêt.

Après avoir sélectionné les bois selon leur taille ou leurs courbes, directement auprès du forestier, nous sommes passés par l’étape clef de la transformation : l’équarrissage à la hache. Cette étape permet de transformer la grume en poutre à 4 faces. En faisant ainsi, nous respectons davantage le bois, puisque chaque pièce de bois se suffit à elle-même, et que nous gardons ses formes, ses particularités.

Etape charnière : traçage du préau au sol sur un plan (qu’on nomme épure), pour pouvoir le tailler sur un gabarit unique (un patron).

On prend, fort de ce tracé, le temps de tailler chaque pièce du préau, et de l’assembler « à blanc ».

Après l’assemblage à blanc …départ pour le levage ! Assembler, lever, puis couvrir !

Puis nous chevrennons, voligeons, et couvrons !

Une fois ce petit édifice levé, quelques vers nous reprennent…

Charpenter sans penser au long temps de labeur
Où nous aurions pu gagner dix-mille livres
Qui amasse de l’or mais perd le goût de vivre
N’aura jamais assez pour payer le bonheur

Gratte le bois tape dedans
Serre la pince et puis cogne le flanc
Fends la mortaise au coeur du chêne
Coupe un tenon et toujours le chanfreine

Transperce à tire au creux des joues
Casse l’arête jusqu’aux désabouts
Rabot à main crayon à mine
Sens le tanin qui remonte aux narines

Emboîte tout jusqu’à la fin
Sous le soleil des pommiers et des pins
Cheville sans heurt pose ta peine
Et te voilà aux jardins de l’Eden

…Pour terminer, petit zoom sur la sculpture du « diamant », pointe du poinçon.

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